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L'histoire du lieu

L'aventure

L'aventure de la marque JOB commence à Perpignan en 1830 avec l'activité de façonnage du papier à cigarettes. Elle s'étend à la Moulasse en Ariège (près de Saint Girons) avec la production de papier couché, pour donner naissance au site toulousain dans des ateliers au début modestes qui deviennent par la suite l'usine Claire Pauilhac près de la basilique Saint Sernin. L'usine est créée en 1903, son siège social est installé au 72, bv de Strasbourg .L'usine JOB est édifiée dans le quartier des Sept Deniers entre 1929 et 1931, sur une superficie de 4,7 hectares. L'architecture en béton, du bâtiment principal, résolument moderne avec ses lignes et ses balcons filants, évoque un immense paquebot et reprend l'esprit des constructions blanches de Mallet Stevens. Ce vaisseau amiral est construit sur les plans de Pierre Thuriès, architecte de la ville de l'époque. L'usine produit du papier destiné à la mise en cahier du papier à cigarettes, puis du papier de luxe « le couché classique ».

Le sigle JOB vient de son fondateur Jean Bardou, qui signait ses livrets de ses initiales J.B entre lesquels il plaçait un losange, les clients ont lu JOB et le losange s'est transformé en 0 .

Après plus d' une cinquantaine d'années de production et de conquêtes sociales (jusqu'aux années 1986), le changement s'amorce avec la reprise par le groupe Bolloré, puis participation du Hollandais KNP, le rachat par le groupe Gecco France puis par le papetier allemand Scehfelen. Restructurations, démentèlement du système de production, licenciement et malversations se poursuivent jusqu'en 2001 , date de la fermeture définitive de l'usine

Cette période, depuis les années 90, a suscité une résistance ouvrière et une lutte syndicale qui ont débordé le simple cadre de l'usine de papier. Des manifs spectaculaires se sont déroulées, à la gare ou à l'aéroport, au tribunal, dont les Toulousains se souviennent encore.

Le site est racheté en 2002 par des promoteurs immobiliers et le bâtiment promis à la destruction . Les anciens salariés de JOB, les habitants et associations de quartier demandent et obtiennent après plusieurs années de lutte la protection du bâtiment par une « labellisation « au patrimoine du XX° siècle » , son rachat par la ville, et une réhabilitation pour en faire un équipement public.

Chronologie succincte

1931
Construction de l'usine dessinée par l'architecte Pierre Thuriès, dans le style « paquebot » .
1952
Le syndicat est fortement présent à l'usine. Création d'une convention collective.
1960
L'usine se modernise pour se spécialiser dans la fabrication des papiers couchés classiques
1986
Rachat par le groupe Bolloré Technologies / Suppression de 100 emplois
1995 / 1996
Grèves et manifestations importantes : 150 licenciements sur 300 salariés
2001
Fermeture définitive de l'usine
2002 / 2006
Demande de classement du bâtiment Amiral
Manifestations pour la sauvegarde et l'utilisation publique du bâtiment
Rachat par la ville du bâtiment
2011
Ouverture au public
Plus d' Histoire à retrouver dans :
- le livre « un JOB pour la vie » de Yannick Le Quentrec et Stéphanie Benson , Editions Syllepse 2005 initié par l'association « Après JOB » et le syndicat Silpac C.G.T.
- le livre DVD « En quête de JOB » de Frédérique Martin et Ouahide Dibane, ZORBA Editions 2009, livre initié par le collectif des 7 deniers
- sur le site : www.job-cgt-papier.com